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Secret Wars #2

Après un premier numéro pour le moins explosif, Secret Wars commence vraiment ici, avec une présentation des personnages... Jonathan Hickman et Esad Ribic répondent à la question qui nous intriguent depuis des mois : qu'est-ce que le Battleworld ?

Encore une fois, il est absolument de parler d'un numéro sans le spoiler dans les grandes lignes. Ce paragraphe sera donc une pré-conclusion, qui vous donnera juste envie de courir l'acheter. Pour résumer ce que je vais détailler en dessous, c'est grandiose, brillant, hallucinant de maîtrise, honteux tellement ça enterre tout le reste, et Ribic livre probablement un des plus beaux trucs que j'ai lu cette année (et très facilement dans mon top 20). Voilà, c'est incroyable, vous ne lirez pas mieux ce mois-ci. Maintenant, on explique.

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Après la destruction totale des deux derniers univers Marvel, soit le 616 dit "classique" et l'Ultimate, on se demandait ce qu'allait être Battleworld. Annoncé depuis des mois, le secret autour était un des mieux gardés du moment, fuitant seulement quelques heures avant la publication du numéro. C'est bien évidemment lié à la fin du précédent numéro, à la fin de New Avengers, et encore une fois, à Doom.

Ce dernier a donc reconstruit un univers en prenant appui sur la mythologie Marvel, en piochant dans tous les univers parallèles et toutes les histoires qu'on nous a compté pendant des décennies. On retrouve en vrac des Thors, des Zombies Marvel, des Ultrons, mais aussi une nouvelle Latvérie, un Sinister déchaîné, et bien d'autres dans un numéro record : sans compter les pages blanches et les couvertures, 41 pages.4

On découvre donc le Battleworld sous un angle surprenant, à savoir deux gardiens de l'ordre de ce monde qui patrouillent, et surtout, deux Thors. On comprend dès la première page que la mythologie Marvel sera aussi bien respectée que réinventée, et Hickman gère ça parfaitement. Il a reconnu avoir écrit et terminé ce numéro il y a des mois pour donner un cadre aux auteurs qui vont écrire des tie-ins, et ça se sent. C'est d'une écriture parfaite, mélange de sobriété et de folie, toujours avec un sens de la mise en scène qui force le respect. L'auteur n'explique rien sur les origines de ce monde, mais arrive à le rendre crédible et parfaitement logique.

Ce n'est par ailleurs pas juste un numéro d'exposition, parce que la dernière partie amènera bien des changements pour la suite, et raccroche les wagons avec Time Runs Out et le premier numéro. En attendant, on s'est pris une énorme claque, tant tout est incroyablement maîtrisé. Chaque page dégage une puissance démesurée, notamment grâce au travail incroyable de Ribic, et l'atmosphère nous fait directement regretter de ne pas en voir plus. Il suffit de voir cette scène où un personnage se jette vers sa perte volontairement pour se prendre une bouffée d'héroïsme, avant de frissonner face à l'horreur qui vient le chercher. En quarante pages, Hickman crée un univers complet, et nous donne envie de l'explorer pendant des dizaines de numéros comme ça. Son Doom force le respect, chaque personnage est crédible et passionnant, et on referme ce numéro abasourdi devant une telle écriture.3

Bien sûr, l'auteur fait un excellent travail, mais il est indispensable de saluer le travail d'Esad Ribic, qui livre ici les plus belles pages de toute sa carrière. Son travail sur Thor ou les Ultimates du même auteur était incroyable, mais ici, c'est juste parfait. Le découpage, le cadrage, les expressions des visages, il n'y a rien de perfectible, c'est tout bonnement parfait. Il arrive à retranscrire l'autorité du Dieu Doom en une seule page, l'horreur du "Mur", et un million de petits détails sur chaque page qui finissent de parfaire le numéro.

Secret Wars (2015-) 002-000Secret Wars #2

Marvel Comics • Par Jonathan Hickman & Esad Ribic • $4.99
Insolent, tout simplement. Pour la première fois depuis House of M, je n'ai aucune idée d'où un event va aller, et c'est un début parfait. Si ce niveau de qualité n'est pas au rendez-vous pour la suite, on se consolera en sachant qu'on a eu une des plus grandes lectures Marvel de ces dernières années. Hickman, je t'aime.