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Southern Bastards #6

Après les événements de la fin du premier chapitre de Southern Bastards, Jason Aaron nous dévoile les origines du Coach Boss, le terrible entraîneur qui contrôle la ville entière.

La détermination. Voilà ce qui semble être le trait de caractère principale du Coach et ce qui nous parait logique à la vue des rares interventions du personnage dans la série jusque-là. Aaron construit ce personnage en explorant son passé. En général, je ne suis pas fan de l'exploration du passé des grands méchants pour leur trouver des prétextes. Je fais référence à Once Upon A Time, par exemple, qui est l'exemple même des méchants qui le sont parce qu'ils ont eu une enfance malheureuse mais, en explorant leur passé, le spectateur finit par avoir plus d'empathie pour eux que pour les héros.

Nous sommes dans un schéma presque caricatural du personnage aux bonnes intentions qui a mal tourné. Boss a perdu sa mère. Il a un père qui le renie. Il est rejeté par les autres. Il s'acharne pour atteindre son objectif afin de démontrer qu'il est important... Mais ce rêve s'éloigne à jamais en fin d'épisode. Sans oublier les éléments trash et/ou racoleurs du passé pour bien appuyer le fait que ce n'était pas rose. Tout de quoi faire un bon méchant. Je trouve tout de même intéressant que Aaron utilise le schéma du héros type décris dans Le héros aux mille visages de Joseph Campbell pour créer son méchant mais ça ne m'empêche pas de ne pas trop adhérer à la démarche.

En revanche, il y a une petite subtilité non-négligeable à cette approche, c'est au u niveau du flot de l'histoire puisque les origines de Coach Boss arrivent relativement tôt. En effet, Coach était un personnage encore assez mystérieux jusque-là. Du coup, l'impacte est différent. Surtout que, précédemment, nous avions le point de vue sur le personnage de Earl Tubb, un homme déconnecté du village.

Je sais qu'un bon ennemi est un héros qui a mal tourné mais c'est bien l'acharnement sur ces personnages qui me gêne. Tout cela pour appuyer le fait qu'ils ont toutes les raisons au monde d'être détestables. Heureusement, je suis un fan de la série et de sa tonalité. Du coup, j'ai lu ça avec un plaisir certain. Surtout que les événements du chapitre précédents nous ont montré que tout est possible.

Je remet une couche sur le talent de Jason Latour qui dessine et colorise sa série avec un talent certain. C'est efficace et ça immerge automatiquement le lecteur dans l'univers de la série. Le passage des flashbacks au présent est des plus réussit et donne un joli effet en plus à la narration.

Southern-Bastards-006-CoverSouthern Bastards #6

Image Comics • "Gridirion Part 2" par Jason Aaron & Jason Latour • $3.50
Personnellement, j'ai un certain détachement vis à vis des événements de cet épisode. C'est un avis subjectif et qui n'empêche pas que l'ambiance, le ton et les cliffhangers de la série sont réussis. Il s'agit d'une série à lire, cela ne fait aucun doute.