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Superman #40

Après le départ de Geoff Johns, et avant le prochain scénariste, DC fait confiance à John Romita Jr. qui prend les rênes de la série Superman, pour un épisode de transition. Comment s'en sort le dessinateur, qu'on ne connaît pas pour ses scénarios ?

Confier un titre à un dessinateur est assez risqué, mais ça ne serait pas la première fois. Sauf que quand on parle de John Romita Jr, fils d'une légende et légende lui-même, c'est un numéro qu'on attend forcément. J'avais peur qu'il fasse un simple numéro de remplissage, avec de la baston sans aucun but, en attendant désespérément le prochain scénariste, mais non, c'est vraiment bien fait !2

Depuis le dernier numéro, Clark a du mal avec son nouveau pouvoir, l'explosion solaire. Cette dernière le laisse sans aucun pouvoir, incapable de voler, de se battre, ou de résister à des coups. Du coup, plutôt que de la balayer sous le tapis et de la ressortir dans un an pour vaincre un ennemi apparemment immortel, Romita choisit de travailler là dessus, et de confronter Sup' à ses pouvoirs, en les faisant tester par la Justice League.

On retrouve du coup dans ce numéro un côté "Buddy Movie", avec les membres de la Justice League qui se reposent et ne sont face à une nouvelle menace. C'est du coup super drôle, bien amené, et quelque chose qui manque à la Justice League dans d'autres séries. C'est ce dont Bendis abusait sur ses Avengers et ses X-Men, mais là, c'est logique, jamais forcé, et pendant quelques pages, on prend un plaisir fou à les voir blaguer et sortir entre eux.

La sortie dans un bar des héros, avec notamment Clark qui découvre la bière, est un moment comme on en voit peu, et qui dégage finalement une joie et un amour entre les personnages qui met de bonne humeur directement. Voir Batman qui fait des blagues, Wonder Woman qui joue avec son Superman, et un Clark un lendemain de soirée est quelque chose de vraiment cool, drôle, et une pause dans toutes les intrigues dramatiques de DC.3

On retrouve aussi un teasing pour une histoire future, dont une qu'on retrouve dans le FCBD de cette année. Romita arrive à faire un numéro qui s'insère dans une plus grande histoire, mais qui peut aussi parfaitement se lire en stand-alone, en confrontant Superman à sa propre mortalité. Comme pour le précédent numéro, je trouve qu'il y a une vraie déclaration d'amour à l'univers, mais aussi à la Justice League. Je ne sais pas si je continuerai (mais j'ai déjà dit ça le mois dernier), mais ça aura été deux très bons numéros, une jolie pause pour tous les lecteurs...

Quant aux dessins, parce qu'il faut en parler... Si vous n'aimiez pas Romita Jr, vous n'aimerez toujours pas. C'est toujours brouillon, mais j'ai réalisé que c'est un autre stade de brouillon : c'est du brouillon Romita ultime. C'est un style à mi chemin entre l'abstrait, le négligé, et le grand comic-book. J'aime vraiment ce dessinateur, parce que pour moi, il dessine comme ce kebab à côté de chez moi cuisine : c'est gras, peu élégant, mais je l'aime d'un amour un peu absurde.

Superman (2011-) 040-000Superman #40

DC Comics • Par John Romita Jr. • $3.99
J'aime pour la première fois depuis très longtemps Superman, parce que c'est une série devenue joyeuse. C'est bon enfant, l'atmosphère est chaleureuse, et on a envie d'aller boire des bières avec la Justice League. Ce ne sera pas forcément ce que recherchent les fans de DC, mais j'ai adoré.