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The Black Monday Murders #1

Hickman s'intéresse au monde de la finance

L'annonce d'une nouvelle création indépendante de Jonathan  Hickman a quelque chose d'à la fois excitant, intriguant et inquiétant. En plus, lorsque le scénariste s'intéresse au monde de la finance, il y a de fortes chances qu'il arrive à nous perdre. Pourtant, The Black Monday Murders, titre dessiné par Tomm Cocker, a tous les atouts pour capter l'attention.

Ce premier épisode de la nouvelle série du scénariste de Secret Wars est très dense. D'abord en volume, puisque le fascicule contient 56 pages sans pub mais aussi en terme d'informations. En effet, Hickman n'y va pas avec le dos de la cuillère pour introduire ce nouvel univers. Nous passons d'époque en époque, de personnage en personnage et, de situation étrange en situation étrange sans avoir eu le temps de tout assimiler ce que nous venions de lire.

Tout commence le 24 octobre 1929, le jeudi noir, jour du krach boursier de New-York. Au même moment, dans le bureau d'une banque d'investissement, un homme se met à saigner du nez et de la bouche, résultante direct de l'effondrement du cour de la bourse. Il est alors rejoint par ses acolytes de Caina, un cercle très fermé composé de 4 hommes accompagnés d'une femme blanche vêtue qui s'exprime dans une langue incompréhensible. Chacun de ces hommes tient un rôle important dans un système complexe dont la finance et les marchés boursiers font parti. L'homme qui meurt, Charles Ackerman est la chaise de roc, une sorte de table sacrificielle, celui qui paye de son sang. Tous ont eu recours à la magie noire liant leur existence à la finance mondiale.

Tout ce système est détaillé plus tard dans l'histoire par des pages de textes intercalées entre les différentes scènes de l'épisode. Sur ces pages, nous retrouvons des dossiers d'enquête sur Caina, des descriptions de la rotation des membres du cercle fermé, le nom des différents personnes qui ont remplacé Ackerman après sa mort jusqu'en 1989. Nous découvrons aussi la fiche biographique (rayée) de Theodore James Dumas, un enquêteur de la Police de New-York de notre époque qu'on sort de son bureau afin d'enquêter sur un cadavre trouvé le 31 octobre 2016. Je pense qu'il s'agit du héros de la série.

Les personnages continuent d'affluer, ainsi nous découvrons Troika, la "chaise de roc" depuis 1989, et Miss Rochtchild accompagnée de la femme habillée de blanc vue en 1929. Ces personnages s'expriment mais n'ont pas encore de personnalité claire, qui donne de quoi s'accrocher au lecteur. Pour moi, qui adore m'attacher aux personnages avant les situations, je ne suis pas servi mais cela n'est pas étonnant de la part de Hickman. Le scénariste aime mettre les choses en place avant, s'intéresser au système qu'il met en place. Les protagonistes - dans ce cas-là plutôt leur personnalité puisqu'ils font eux-mêmes parti du système - passent au second plan et viendront à être d'avantage travaillé lorsque le scénariste le décidera.

Il y a quelque chose d'assez proche de ce que Alan Moore et Grant Morrison dans The Black Monday Murders, non seulement par la forme atypique de l'épisode mais aussi dans le fait que le lecteur se sent stupide en lisant l'épisode. Le scénariste semble maîtriser le sujet sur lequel s'articule son système - à savoir la finance - et certains indices nous laissent penser qu'il pourrait relater et transformer l'histoire de personnages connus de ce monde - notamment en utilisant le nom Rothschild. Il joue avec son lecteur en laissant traîner des liens internet (longs à taper ne menant à rien) et il démontre que le système sur lequel repose Caina est historiquement crédible.

Je troue tout cela fascinant.

Je trouve ce premier épisode fascinant.

J'ai tourné les pages sans comprendre où tout allant mais Hickman a su me happer et me donner envie d'en découvrir plus sur l'univers qu'il met en place.

Pour aider le tout, les dessins de Tomm Cocker sont magnifiques. Je n'avais pas suivi l'évolution de l'artiste depuis la rencontre improbable entre Gen13 et The Maxx. Je reconnais le trait mais il est parti dans une direction plus réaliste. Il impose également une ambiance et la scène de crime est bien dérangée comme celles du film Seven. Rien que pour les dessins, je vous invite à vous intéresser à la série, ça mérite le coup d'œil.

the-black-monday-murders-001-coverThe Black Monday Murders #1

Image Comics • Par Jonathan Hickman & Tomm Cocker • $4.99
Il m'aura fallu du temps pour essayer de vous expliquer convenablement ce qu'est The Black Monday Murders. En tout cas, ce premier épisode aussi complexe et étrange qu'il soit à quelque chose de fascinant. Je pense que tout le monde n'aura pas la patience nécessaire pour le lire tellement, parfois, le lecteur est plutôt en train de le déchiffrer qu'autre chose. Mais, je fais confiance à Hickman qui ne se lance jamais dans une histoire sans savoir exactement où il va.

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