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The Royals - Masters of War #6

Il aurait été indécent de se contenter d'une mention dans nos coups de coeur de la semaine dernière pour saluer le dernier chapitre de la mini-série de Rob Williams. Retour sur six chapitres d'une épopée historique et super-héroïque pleine de rebondissements et son final poignant.

Pour ceux qui ne connaitraient pas, The Royals - Masters of War est une mini-série en 6 numéros écrite par Rob Williams et dessinée par Simon Coleby. Elle se situe pendant la Seconde Guerre Mondiale, dans une réalité alternative à la notre. Dans celle-ci, toutes les personnes de sang royal possèdent des super-pouvoirs : ce sont les Royals. Or, il y a de nombreuses années, un pacte a été conclu entre eux tous les obligeant à ne plus intervenir dans les conflits entre nations.

L'histoire est centrée sur la famille royale d'Angleterre, alors que celle-ci subit les bombardements intensifs de l'Allemagne hitlérienne. Le Roi d'Angleterre a trois enfants, Henry, Arthur et Rose. Le fils aîné est aussi brave et digne que son cadet est fêtard et je-m'en-foutiste et ils disposent tous deux de pouvoirs équivalents (super-force, vol, rayons optiques). Leur sœur quant à elle est une télépathe.

L'événement principal déclencheur de toute l'intrigue est la fin de la passivité d'Henry face au massacre de son peuple par l'aviation germanique. Son intervention musclée et remarquée rompt dès lors le pacte entre les Royals et va implicitement conduire à d'autres événements (connus) plus tragiques.

S'il n'y avait que cela, à savoir une histoire de super-héros pendant un conflit armé, en particulier la seconde guerre mondiale, The Royals - Masters of War n'aurait pas eu grand intérêt. Comme esquissé au niveau des personnages, le trio anglais est loin d'être sain. Arthur pour commencer est excessif, colérique, égoïste et irresponsable. Ses exactions continues causent régulièrement du tort à sa famille et donc à son frère.

Ce dernier, Henry, dissimule derrière son apparente noblesse une faille conséquente : il est amoureux de sa jeune sœur. Un amour platonique et unilatéral certes, mais qui perturbe régulièrement son jugement. Enfin, Rose restreint l'usage de ses pouvoirs à cause de ce qui est advenu de leur mère, emportée par la folie à cause de ses capacités psychiques.

Rob Williams évite dans ses premiers chapitres une trop longue exposition des personnages et enjeux. Si l'on a eu affaire dans le premier numéro à la classique scène de fin tronquée pour revenir en arrière, cela n'empêche pas une certaine maîtrise du contexte historique, des enjeux politiques sous-jacents et de leur actualisation dans cette réalité alternative.

Après avoir défié les japonais dans le Pacifique et accompli un sauvetage partiel en Russie, Henry part défier à Berlin celui qui lui mettait des bâtons dans les roues depuis le début de l'histoire et dont l'identité avait été révélée à la fin du cinquième numéro de la mini-série. Un affrontement qui s'annonçait épique et rempli d'émotions tant le jeune prince en a bavé.

La confrontation promise remplit son office. Toute la violence à laquelle le lecteur a assisté depuis le début est magnifiée. Qu'elle soit physique, verbale ou psychologique, aucun des différents protagonistes présents n'est épargné. À ce sujet, l'atmosphère parfois lourde et brutale de The Royals - Masters of Wartient beaucoup aux traits réalistes de Simon Coleby, assisté à partir du quatrième numéro par Gary Erskine à l'encrage, ainsi qu'aux couleurs très picturales de JD Mettler.

The Royals - Masters of War #6

Vertigo • Par Rob Williams & Simon Coleby, Gary Erskine • $2.99
Enfin la fin de cette mini-série très bien menée par Rob Williams. Malgré le côté classique et peu original de l'intrigue, l'auteur aura maîtrisé aussi bien le contexte de son histoire que ses protagonistes. Brutaux, épiques, parfois introspectifs et servis par des dialogues ciselés, chaque chapitre de The Royals aura conduit à cette fin qui, si elle était quelque part attendue, ne déçoit pas. De leur côté, Simon Coleby et Gary Erskine ont su conjuguer leurs talents pour un dessin réaliste collant parfaitement à l'ambiance. Un sans-faute en six étapes !