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The Wild Storm #1

Wildstorm no more

DC Comics lance un nouvel univers, parallèle à celui que nous connaissons. The Wild Storm est donc une nouvelle formule de l'univers Wildstorm, créé par Jim Lee et Brandon Choi, mais à la sauce Warren Ellis qui a fait l'âge d'or du label. Autant vous dire que la série est attendue par les fans...

Tout commence avec Lucy Blaze alias Zealot se regardant dans la glace. Elle a les marques sur le visage que lui avait donné Jim Lee en 1992 lorsqu'elle apparut pour la première fois dans Wild C.A.T.s.. À l'aide d'un mouchoir, elle efface une à une ces marques. Le ton est donné, oubliez tout ce que vous savez de Wildstorm, nous avons à faire à tout autre chose.

DC Comics a tenté plusieurs fois de relancer l'univers Wildstorm. Cela a souvent été un échec. Il y avait la nouvelle direction prise par Grant Morrison qui a abouti à rien, sauf erreurs de ma part, les deuxièmes épisodes de The Authority et de Wild C.A.T.s. ne sont jamais parus. Puis, DC a essayé d'intégrer les héros à son univers New 52. Encore une fois, les titres ont été annulés. Seul Midnighter continue d'apparaître.

Avec The Wild Storm, DC donne donc carte blanche à Warren Ellis afin d'utiliser à sa manière les personnages du label. C'est un bon choix dans le sens où il a écrit par le passé les séries les plus emblématiques de Wildstorm, à savoir StormWatch, Planetary et, surtout, The Authority. Nous étions en droit de penser que l'auteur allait essayer de retrouver le dynamisme d'antan, s'auto-congratuler en faisant des références sur ses anciennes histoires et faire plaisir aux fans de l'époque. Sauf que c'est mal connaître Ellis, l'auto-congratulation ce n'est pas pour lui.

Tout d'abord, le style de l'auteur a évolué. Il n'aborde plus les choses de la même manière. Il a délaissé sa fougue rock'n roll de l'époque pour poser des ambiances sombres. Dans ce cas précis, il y a quelques chose de malsain. Sa narration est aussi plus centrée sur les personnages alors qu'à l'époque de Wildstorm, chacun d'entre eux était de la chaire à canon. Attention, ici, chaque protagoniste est en danger mais il prend le temps de les définir.

Pour l'instant, l'histoire est un peu nébuleuse. Il semble que dans ce monde, il y ait deux camps qui se tiraillent les rennes du pouvoir : d'un côté, Jacob Marlowe le dirigeant d'une multinationale, de l'autre Miles Craven le chef d'une organisation obscure. Le second décide de mettre la pression sur le premier et envoie son agent Deathblow sauf que tout ne se passe pas comme il le faut. Marlowe manque de mourir mais il est sauvé in extremis par Angela Spica alias Engineer, une employée droguée de Craven qui a mis au point une technologie lui conférant une armure de combat.

Si je devais résumer les quelques premières pages de cet épisode, j'aurais dit qu'il s'agit la rue d'une grande ville dans laquelle se croise tous les surhommes de cet univers qui aiment se complaire dans leur arrogance en rappelant continuellement qu'ils dominent le monde. Sauf que Spica a un rôle d'élément perturbateur. Alors que les autres personnages sont monolithiques - sauf Void mais son rôle n'est pas encore défini à ce stade de l'histoire, elle est perturbée. Elle semble droguée, soit par un stupéfiant quelconque soit par le savoir qui semble la ronger et qui lui a permis de créer les machines qui lui font l'armure. En tout cas, elle est littéralement consommée et, surtout en marge. Son rôle est aussi important étant un rouage du système - qu'on imagine plus qu'on ne le réalise - mais qui vient à aller à l'encontre de ce qui est attendu d'elle en sauvant Marlowe. Ellis a transformé Engineer - pas radicalement puisque les deux personnages sont perchés - et il en fait une sorte de Spider Jerusalem [le héros de Transmetropolitan écrit par Ellis également - NdR].

Si je m'étale autant sur ce premier épisode, c'est que l'épisode m'a interpellé. En tout cas, il y a matière à faire quelque chose d'intéressant. Par contre, je craignais les dessins de Jon Davis-Hunt, son trait étant perfectible. Mais, en lisant l'épisode, tout passe très bien. Il maîtrise sa narration et donne un rythme à l'ensemble. Il y a ce côté figé lors des scènes de dialogue qui donnent un côté à part mais lorsque l'action est au rendez-vous, tout s'accélère. Ce parti pris graphique est intéressant et colle à merveille avec le scénario de Ellis.

The Wild Storm #1

DC Comics • Par Warren Ellis & Jon Davis-Hunt • $3.99
Avec ce premier épisode, les bases sont là et j'attends de voir la suite. En revanche, fans de Wildstorm qui ne jurez que par The Authority, vous serez foncièrement déçus parce que Ellis fait quelque chose qui n'a rien à voir avec ce qu'il avait fait avant. Mais, ça reste très bien.