The Mighty Blog

Ultimates #11

Thanos contre les Ultimates, round 2 !

Alors que Captain Marvel tente de s'en sortir dans Civil War II, son équipe des Ultimates se déchire pour savoir que faire d'un "épineux problème". Al Ewing, Kenneth Rocafort et Djibril Morisette lancent l'équipe vers sa perte !

Si la saga de Brian Michael Bendis m'a bien plu pour l'instant, il faut reconnaître que comme dans la première Civil War, les deux camps ont des arguments, mais qu'un est montré comme étant clairement abusif. Cette fois, j'ai l'impression (et venez me dire si vous n'êtes pas d'accord) que Captain Marvel a tort, abuse de son pouvoir en voulant tout protéger, et va vers sa perte. C'est pour ça que la série Ultimates est importante, parce qu'elle montre un autre aspect du personnage. Al Ewing a surtout pris le temps de développer ses personnages, et on pourra dire que sur la douzaine de numéros que contera la série, on aura eu une écriture fine, un peu lente mais qui a toujours placé ses personnages au centre des intrigues.

Sauf qu'avant de parler de l'histoire, il faut encore une fois râler sur la décision de garder deux dessinateurs sur le titre. Kenneth Rocafort fait des merveilles sur ses pages, notamment une fresque de 4 pages dès le début qui en impose, ou des compositions qui deviendront mythiques pour Thanos (celle "dans sa tête" est une claque monstrueuse), on ne peut en dire autant de Djibril Morissette. Le pauvre me fait de la peine, propulsé face à ce monstre de Rocafort, et s'en sort tant bien que mal avec ses personnages aux visages difformes, ses pages mollassonnes et son style très cartoon qui tranche avec celui de son collègue. Je ne dis pas que seul sur un numéro ça ne passerait pas, mais là, c'est deux pages de l'un, une page de l'autre, et ce mélange ne tient pas debout.

Du coup, le rythme de lecture est cassé. C'est comme regarder un film dont les effets spéciaux auraient été confiés à moitié à ILM et à une banale série TV. C'est gênant, on ne rentre jamais vraiment dedans, et ça casse l'histoire. En même temps, Al Ewing ne raconte pas grand chose ici, et ce n'est pas un mal. Il fallait bien dégager de la place pour un combat contre le Titan Fou, et c'est fait avec brio. Thanos est flippant, vraiment, et mérite bien son aura. Entre son calme implacable et sa tendance à glacer le sang à chaque fois qu'il ouvre la bouche, Ewing écrit un méchant implacable, qui en impose. La série Thanos par Jeff Lemire et Mike Deodato aura fort à faire pour nous convaincre, et elle peut aller chercher du côté d'Ultimates pour savoir comment faire.

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Marvel Comics • Par Al Ewing, Kenneth Rocafort & Djibril Morissette • $3.99
C'est vraiment bien écrit, Thanos fait peur, mais la partie artistique me bloque. On oscille entre un artiste en petite forme et un autre qui sort des compositions à tomber, et on ne sait jamais sur quoi on va tomber. C'est dommage, parce que la série aurait mérité mieux.