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Uncanny X-Men #600

Brian Michael Bendis signe son dernier épisode sur les séries mutantes avec le numéro anniversaire de Uncanny X-Men. L'occasion pour le scénariste de fermer des boucles ouvertes il y a trois ans de cela mais surtout de laisser un nouveau terrain de jeu à ceux qui reprendront le relais.

L'épisode était initialement prévu en mai, le jour de la sortie de Secret Wars #1. Mais Marvel a pris du retard et l'éditeur à finalement pensé qu'il était plus judicieux de repousser l'épisode au jour de la sortie de Extraordinary X-Men, la nouvelle série principale sur les mutants conduite par Lemire. Après lecture de l'épisode, cette décision fait sens même si la fin avait été pensée pour marcher au diapason avec l'arrivée de la Nation X dans la maxi-série de Jonathan Hickman qui se déroulait chronologiquement 8 après le numéro 600 de Uncanny X-Men.

Bendis conclut donc ses intrigues ou, plutôt, la construction des personnages comme Magik, Jean Grey, les Icemen, Beast et Cyclops. Il en profite ainsi pour dire au revoir aux differents héros qu'il écrit depuis 3 ans. Par contre, le scénariste n'est pas nombriliste et ne referme pas l'épisode après avoir rangé ses affaires. Il prépare le terrain pour ses camarades. Que ça soit la réconciliation entre les Rasputin, la décision de Jean Grey, celle de Beast (le vieux) et la révolution de Cyclops qui prend forme. Il fait ainsi de petits tas qui ne sont pas sans rappeler les séries X-Men qui sont annoncées pour All-New All-Different Marvel. Et, il est là le problème de cet épisode, par sa structure et les intentions de l'auteur, nous avons l'impression de lire un recueil de sneak peeks comme une sorte de All-New All-Different X-Men #0.

L'épisode est donc le procès de Beast, ou plutôt une intervention de la part des X-Men afin de ramener Beast à la raison depuis qu'il a joué avec les lois de la physique afin de ramener les Original Five. Cette partie est l'occasion de réunir les mutants autour d'une même cause. L'épisode est d'ailleurs une route qui mène à la fin de Schism. Progressivement, les mutants se rapprochent les uns des autres. Cette partie est dessinée par Sara Pichelli qui doit gérer un casting aussi large que varié. Ce n'est pas le meilleur travail de l'artiste mais elle se défend très bien sur un exercice pas évident.

Cette partie est coupée par des flashbacks dessinés par d'autres artistes. Sur ce point, Bendis assure pleinement le jonglage entre les différents artistes qui l'ont accompagné pendant ces 3 ans. Chacun d'entre eux retrouve les personnages qu'ils ont mis en avant. Kris Anka dessine donc l'aventure de Magik et Kitty qui retrouvent Colossus. Ainsi, Bendis enterre la hache de guerre entre Kitty et le géant de métal permettant à l'héroïne de vivre pleinement sa vie de gardienne de la galaxie. Mais le focus est surtout sur Magik qui révèle à son frère tout ce qu'elle a vécu pour redevenir humaine. En tout cas, plus sensible. Les conséquences se feront sentir dans Extraordinary X-Men.

Mahmud Asrar s'occupe du tête à tête avec Icema révélé gay et son soi plus vieux. Ce moment est incroyablement mis en scène par Bendis et le dessinateur. C'est sobre et efficace malgré la présence de Jean Grey, pénible comme à son habitude. Même si Bendis lui fait sortir une phrase importante expliquant que le coming-out n'est pas aussi simple que pourrait le penser certains. D'ailleurs j'ai déjà lu des gens qui n'arrivent pas à croire que Bobby ait trouvé ça plus simple d'accepter d'être mutant et de ne pas le faire pour sa sexualité. Je pense comprendre parfaitement ce choix de vie pour de nombreuses raisons. Il y a des personnes handicapées qui acceptent plus facilement leur condition physique que leur sexualité, par exemple. En tout cas, il s'agit un moment d'émotion vive comme Bendis sait si bien le faire.

Stuart Immonen retrouve les Original Five, seulement eux (Laura n'est pas dans la scène). Bendis prépare le terrain à Dennis Hopeless qui reprend All-New X-Men. Je pense qu'il y a de bonnes choses à tirer de ces quelques pages.

La partie dessinée par Chris Bachalo focalise sur Cyclops et nous ramène Magneto. Là encore, il y a un large casting mais cela ne dérange pas le dessinateur qui s'amuse avec tout ce vaste monde. Il est difficile de jouer au jeu de qui est qui mais c'est marrant de voir tout ce bain de foule. Ici, Bendis dit vraiment au revoir aux mutants fermant définitivement la boucle ouvert par Avengers vs X-Men #11. Cyclops est un homme qui ressort grandi à l'image de sa décision.

L'épisode se termine avec l'apparition d'une mutante qui a eu un rôle important durant le passage de Bendis. Cette partie, très courte malheureusement, est dessinée par Frazer Irving qui impose une ambiance. Je trouve cela excellent.

L'ensemble a un certain charme. Cela se lit très bien grâce au style fluide d Bendis mais aurait presque mérité d'avoir plus de résolution ou plutôt de sensation de résolution. Mais, Bendis a su instaurer une dynamique plus sympathique entre les personnages nous ramenant à l'esprit familial des X-Men plutôt que la recherche perpétuelle de conflits internes.

Uncanny-X-Men-600-CoverUncanny X-Men #600

Marvel Comics • Par Brian Michael Bendis, Sara Pichelli, Stuat Immonen, Chris Bachalo, Kris Anka, Mahmud Asrar & Frazer Irving • $5.99
Un très bon run sur les série mutantes s'achève. Il y a eu des bas et des hauts mais le bilan est à mon avis très positif. Les X-Men souffrent de nombreuses années de maltraitance et Bendis a pansé quelques plaies. J'espère que la relève continuera sur cette voie parce qu'il y a encore du boulot.