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Uncanny X-Men Annual #1

Suite aux événements fracassants de la série principale, Ed Brisson fait une pause dans le récit de Uncanny X-Men avec ce premier annual, et revient sur le retour d'un personnage marquant dans l'histoire des mutants, avec Carlos Gomez aux dessins. Si vous lisez en VF, on va forcément devoir spoiler, notamment Extermination.

Cela dit, même si vous n'avez pas lu Extinction, vous deviez savoir que Cyclops allait revenir. Entre les sollicitations, les couvertures, ou même le bon sens, on sentait bien que ça allait être fait. Avec le retour de Wolverine (qui s'étale sur environ 10 ans et 900 numéros, au secours), l'équipe créatrice des mutants semblent vouloir revenir aux bases, et c'est une volonté compréhensible vu les errements des dernières années.

Là où le retour de Wolverine est un échec éditorial (trop de titres, trop d'ellipses, de flashbacks et de mystères qui ont tué mon intérêt), Ed Brisson (et probablement Matthew Rosenberg et Kelly Thompson) ont choisi de faire revenir Cyclope rapidement : une page à la fin de Extermination, et un annual pour expliquer son retour. Dieu merci.

Du coup, le nouveau Cable s'est mis en tête de ressusciter son père, sans qu'on sache vraiment pourquoi (mais on y reviendra). L'épisode expliquera comment il l'a fait, pourquoi, et racontera une histoire sur Cyclops, entre flashbacks et conséquences dans le présent. L'épisode est riche, mélange plutôt bien les époques, et pour la première fois depuis un bon moment, m'a vraiment plu.

J'en viens à arrêter de lire les mutants par moments, entre les titres en pilote automatique ou les mêmes histoires qui se répètent encore et encore, et le travail de Disassembled ne m'avait pas convaincu. Pourtant, cet annual est réussi, et pas seulement parce que j'aime Cyclops. Déjà, visuellement, il est vraiment réussi. Carlos Gomez est vraiment bon, aussi bien dans les rares scènes d'action que dans les dialogues. Ses personnages sont réussis, expressifs et bougent vraiment bien, et ses flashbacks qui parodient le style des années 60 sont vraiment très beau.

En plus de ça, la résurrection est étonnamment complexe mais assez bien trouvée si vous avez une bonne mémoire, et respecte les codes des mutants. Là où Logan n'en finit plus de nous raconter ça, Cyclops revient vite, c'est vite expliqué, et c'est surtout le pourquoi qui intéresse. Brisson écrit ça grâce à des dialogues efficaces, qui permettent de bien mettre le doigt sur le gros problème des mutants en ce moment: le manque de direction claire.

Rappelez-vous des débuts de All-New All-Different Marvel : Cyclops avait disparu, détesté de tous, avec un mystère quant à sa disparition. Il avait fallu attendre le catastrophique Death of X pour qu'on nous explique qu'en fait, il est détesté parce qu'il a voulu protéger son peuple, sans menacer qui que ce soit. En gros, on a fait passer pour un terroriste quelqu'un qui n'a pas fait grand chose de mal, ou qui n'a même rien fait vu qu'il était mort (mais c'était une idée très bête sur laquelle on ne reviendra pas). Là, Ed Brisson adopte un côté méta délicieux : sans complètement cracher sur tout ce qui a été fait avant (même si je ne lui en aurais pas voulu), il revient sur les errances du passé, et souhaite les régler avec son épisode.

Du coup, Cyclops revient en héros, et cherche avant tout à protéger les autres, quitte à prendre des décisions lourdes de conséquences. S'il faudra revenir une autre fois sur le rôle de Cable, qui se transforme de plus en plus en manipulateur presque mauvais, là, pour quelques instants, j'ai retrouvé le Cyclope que j'aimais. L'auteur m'a régalé sur cette histoire avec ses dialogues et ses réflexions sur l'héroïsme, et je suis content de reprendre du plaisir sur ce titre. Malheureusement, je n'aime déjà plus la série Uncanny X-Men de Rosenberg, donc ça n'aura pas servi à grand chose...

Uncanny X-Men Annual #1

"The Return of Cyclops"

Marvel Comics • Scénario : Ed Brisson - Dessins : Carlos Gomez - Couleurs : Guru-eFX - Lettrage : Joe Caramagna • $4.99

Numéro réussi mais malheureusement un peu vain face aux pressions éditoriales hasardeuses, cet annual réussit au moins son pari: faire revenir brillamment Cyclops, en nous faisant croire au rêve mutant pendant quelques temps.